Les tapis dans l'histoire

Les tapis sont réellement devenus indispensables au fur et à mesure du temps. Comme décrit dans notre article précédent traitant de l’histoire des tapis, ces derniers ont un ancrage à notre passé et sont essentiels pour notre présent. Du gris, du bleu, en forme ovale ou rectangulaire, Artcodes s’est plongé cette semaine dans leur processus de fabrication.

 

Les tapis tissés sur métier, quelle que soit la technique de tissage utilisée, ont toujours en commun une chaîne et une trame généralement en jute et/ou en coton. La chaîne est constituée de fils verticaux qui forment la longueur du tapis et la trame est le fil entrelacé qui s’étend sur la largeur et qui maintient la structure du tapis, tout en fournissant une base d’ancrage solide pour les poils visibles à la surface du tapis.

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Tapis fabriqués à la machine

La méthode de tissage de loin la plus populaire pour les tapis en Europe et en Amérique est le tissage Wilton. Le métier à tisser Wilton moderne est alimenté par des milliers de connexions de fils, généralement de huit couleurs différentes, afin d’apporter des touches de couleurs au tapis. Les anciens jacquards à poinçons qui transmettaient les informations du motif au métier ont été remplacés par des jacquards informatisés modernes. Le métier Jacquard est un métier à tisser mis au point par le Lyonnais Joseph Marie Jacquard en 1801 qui permet de créer des motifs, et oui c’est français ! Les nouveaux métiers Wilton à grande vitesse produisent les tapis plus rapidement car ils utilisent une technique de tissage face à face. Cette technique consiste à tisser deux supports avec un outil intercalé entre eux afin de créer une symétrie. Une fois tissée, la surface à motif ou unie est divisée pour créer une image miroir identique de l’autre. Dans l’ensemble, cette technique permet non seulement une production plus rapide, mais aussi, grâce aux jacquards informatisés, une grande diversité de motifs et de tailles de tapis. Cela permet aux artisans de créer deux tapis en même temps, tout en conservant les savoir-faire.

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L’efficacité est la clé et à cette fin, la fibre privilégiée par les fabricants de tapis Wilton est généralement le polypropylène. Bien que quelques fabricants produisent de la laine ou de la viscose, le polypropylène domine le marché parce qu’il peut être fabriqué en interne, qu’il résiste aux taches, qu’il se gonfle bien et, surtout, qu’il est plus efficace à tisser.

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Les fabricants qui produisent des tapis Wilton en laine utilisent généralement des laines de meilleure qualité avec des fibres plus longues. Ils produisent aussi à des vitesses plus lentes pour éviter les temps d’arrêt. Ils optent souvent pour la laine de Nouvelle-Zélande, une option plus coûteuse mais plus douce au toucher et dotée de propriétés de teinture supérieures. Ainsi, si les tapis en laine tissés par Wilton peuvent sembler chers par rapport à leurs homologues tissés à la main, vous pouvez être sûr que le fil est tissé avec d’excellentes laines.

Tapis faits main

Les tapis faits main sont produits avec des designs modernes et traditionnels, deux techniques sont principalement utilisées pour leur confection: le tissage noué à la main et le touffetage à la main.

Le tissage noué à la main

Le tissage noué à la main : Le tissage à la main est le processus artisanal le plus transmis de génération en génération depuis des siècles. Elle nécessite une technique poussée, qui allie complexité et patience pour la création de tapis exclusivement à poils. Le tisserand, avant toute chose, crée le motif sur un support papier afin de le retranscrire ensuite, sur un support vertical, lors du tissage. Souvent utilisé pour les tapis en matières très nobles tels que la soie ou le cuire, le tissage noué à la main consiste à créer des noeuds entre les brins de “trame” (La trame consiste en un ou plusieurs fils transversaux, presque toujours de coton, que l’on passe entre chaque rangée de nœuds). Pour vous donner un ordre d’idée, sur 1 mètre carré de tapis, il est dit qu’il faut environ 50 000 nœuds et nous pouvons atteindre 1 Millions de nœuds sur un Tabriz (tapis créer par des maitres très expérimentés de cet artisanat) par exemple. Cette pratique donne un aspect très prestigieux de par sa durabilité et la précision du tissage.

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Le touffetage à la main

Le touffetage à la main est la méthode la plus rapide de fabrication d’un tapis à la main, elle est utilisée pour les modèles modernes, contemporains et traditionnels. Avec le touffetage à la main, il n’y a pas de chaîne et de trame conventionnelles. Un motif est simplement dessiné sur un support en toile tissée. Ensuite, l’artisan prend un pistolet à touffeter manuel et injecte les fils de différentes couleurs dans les sections dessinées du support. L’artisan peut créer un grand nombre de textures, de “hauteur de poils” et de colorations différentes. Une fois que le tapis est touffeté, il est doublé d’un matériau secondaire en jute à l’aide d’un adhésif en latex pour s’assurer que les touffes restent en place, puis il est découpé et sculpté pour donner plus de texture et de dimension au dessin avant d’être emballé. N’hésitez pas à faire un tour sur la boutique Artcodes afin de découvrir le talent de nos artisans partenaires !

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Si la laine est souvent la norme pour les tapis touffetés à la main, de nombreuses autres fibres sont aussi utilisées, notamment l’acrylique, la viscose (soie artistique), le jute et le polyester. Comme la laine est une fibre naturellement terne, des combinaisons de laine et de viscose sont souvent utilisées pour animer la surface des poils.

 

Après avoir défini son histoire, ainsi que les processus de fabrication des artisans modernes, vous retrouverez, la semaine prochaine, l’intégration des tapis pour la décoration de vos intérieurs, et même, extérieurs !